Or, palissandre, platine et ….. Champagne !

Les clients du Champagne Plener sont fidèles. Les plus anciens d’entre eux me racontent des anecdotes sur mon grand-père, et ça m’émeut à chaque fois. Le gout pour notre Champagne se transmet de générations en générations, comme mon grand-père et mon père m’ont transmis leur savoir-faire et leur passion. Ce sont de belles histoires, mais surtout, surtout, ce sont des histoires sincères.

L’histoire de Marie et Jean-Pierre, de Biarritz, est parmi les plus touchantes.

Marie et Jean-Pierre s’apprêtent à fêter leurs noces de Platine, 70 ans de mariage. Ils ont commandé pour l’évènement du Champagne Plener avec des étiquettes personnalisées ; tout comme ils l’ont fait en 1997 pour leurs noces d’Or (50 ans de mariage) et en 2012 pour leurs noces de Palissandre (65 ans de mariage) !

C’est une grande fierté de savoir que nous avons accompagné chacune de ces belles occasions. Souvent, quand je remue les bouteilles, je me plais à imaginer le destin de chacune d’elles. Celle-ci va-t-elle arroser une naissance, un bac, un permis ? Celle-là célébrera-t-elle un dîner romantique, un apéritif du vendredi soir ? Je sais maintenant que certaines auront l’honneur d’être sur la table de Marie, Jean-Pierre et leur famille pour fêter leurs noces de Platine. J’adresse toutes mes félicitations et voeux de bonheur à Marie et Jean-Pierre !

Parfois, on se croirait au printemps

La plupart des matins sont très frais. La plupart des journées sont grises. Les nuages et le vent ne se font pas oublier.

Mais parfois, comme ce matin dans la parcelle des « Cercets » pour l’ébourgeonnage, on se croirait au printemps (mais ça n’a pas duré 😉 )

champagne plener bouzy

Mornings are often chilly, days are often cold, windy and cloudy. But today, it felt like spring when I was disbudding at the plot called « Les Cercets » !

enherbement champagne

But the spring feeling did not last long …

Photos du tirage 2017

Vendredi 21 avril au soir, j’ai poussé un grand ouf de soulagement. Déjà, parce que le tirage (mise en bouteille) s’est très bien passé. C’est le jour le plus important de l’année, toutes les bouteilles sont rentrées en cave sans problème. Ensuite, parce que le gel nous a presque épargné. Le Bas des Muits a souffert, mais au vu de ce qu’ont subi d’autres régions, ce n’est rien.

Voici un retour en photos sur cette journée de tirage, pour remercier toute l’équipe qui nous a aidé :

champagne plener

Aux bouteilles vides, merci à Lydie, Christophe et Dimitri

mise en bouteille champagne

A la machine, merci à Brice. Aux bouteilles pleines, merci à Alain et Daniel

bouzy champagne

A l’art délicat mais sportif de l’entreillage, merci aux deux Sylvain et à Cédric. Ici, au début du tirage, le caveau est presque vide.

tirage champagne

A la fin de la journée, le « grand caveau » est rempli, la prise de mousse va débuter. On ne touchera plus aux bouteilles avant au moins 3 à 4 ans !

maud plener

Quant à moi, j’ai poussé les chariots plein de bouteilles à la cave, dont j’ai monté et descendu des dizaines de fois les marches. Merci à maman pour les indispensables casse-croute et repas,  merci à papa pour les voyages de la cuve avec le tracteur et merci à mon matelas pour le sommeil récupérateur le soir 😉

ça pousse !

vigne enherbée champagne

La Brousse, injustement pas assez en photo sur ce site. Elle le mérite pourtant !

Bourgeon de chardonnay, déjà bien sorti !

Bourgeon de chardonnay, déjà bien sorti !

Travailler longtemps pour que l’instant soit beau

La taillerie, vous le savez, c’est un travail de longue haleine. Nous commençons dès novembre pour finir fin mars, consacrant presque chaque heure de chaque jour à tailler un à un nos ceps, quel que soit le temps. C’est un travail répétitif et fatigant. Usant. Mais quand le temps n’est pas trop mauvais, je mesure ma chance : c’est un travail qui ne génère pas de stress, c’est un long labeur qui n’obéit pas à l’instantanéité et immédiateté qui tyrannisent notre société. Ce sont de longues heures propices à la réflexion. Je commence une route et je laisse aller mes pensées.

Après avoir découvert l’année dernière que les tyrannosaures avaient des plumes, mes pensées ont vagabondé cette année sur la mesure du temps, du temps qu’il faut pour produire une bouteille de champagne et du temps qu’il faut pour la déguster. Le premier prend des dizaines d’années. Le deuxième est un instant presque éphémère à l’échelle du premier. Et je trouve que c’est là toute la chance et la beauté de mon métier. Je m’explique.

Quand on plante une jeune vigne, c’est pour 40 ans au moins. La plupart de nos vignes sont donc plus âgées que moi. C’est pour cela que je les respecte : elles ont vécu plus de saisons que moi. Et c’est aussi pour cela que j’encourage et que je veille sur les plus jeunes comme sur mes propres enfants. Donc, le temps des vignes est long.

Le temps du travail qu’on leur consacre l’est aussi. La taillerie en est le meilleur exemple : pied après pied, on avance doucement. Le temps de la vinification et du vieillissement en cave est long aussi : chez nous, il dure au moins 4 ans. Et quand enfin les bouteilles sont prêtes, après ces années de travail et de patience, vient le temps de la dégustation.

Le Champagne est un vin d’instant : un instant joyeux souvent, un moment qu’on célèbre. Au regard du temps que chaque bouteille renferme, c’est un instant éphémère.

Alors vous me direz que je finis par divaguer en taillant. En fait, je pense que je me suis trouvée une excellente motivation : la conviction qu’en faisant le meilleur travail possible, l’instant Champagne ne sera pas éphémère mais restera au contraire dans vos mémoires comme un très bon souvenir, lié à un beau moment accompagné d’un excellent Champagne. En taillant sous une pluie très froide qui me faisait trainer des kilos de boue sous mes bottes, dont le poids me cassait le dos, j’ai pensé que tout cela valait la peine si dans quelques années, l’un ou l’une d’entre vous ouvrait une bouteille de Champagne Plener pour célébrer un moment particulier et que la beauté de cet instant persistait dans son souvenir pour encore de nombreuses mois. Alors, tout mon travail en vaut la peine.

Mais tout de même : la taillerie, pour cette saison, c’est fini : ça, c’est un moment joyeux qui mérite un instant Champagne ! (et hop, la boucle est bouclée !).

champagne bouzy

Sous la pluie avec des kilos de boue sous les pieds (à « la Julienne »)

taille vigne champagne

ou quelques jours plus tard en manches courtes sous le soleil (aux « Monts des Tours »)

champagne grand cru

au bout du compte, l’essentiel est de finir et de contempler le travail accompli (à « la Pointe », aujourd’hui !)

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